Notre Dame de Rocamadour, langoustier mauritanien

Le Notre-Dame de Rocamadour appartient à l’histoire industrielle d’une pêche née au début du XXème siècle : la sardine avait disparu, il fallait trouver une nouvelle ressource… Ce sera la langouste, une spécialité des ports de Douarnenez et Camaret. Ces hommes et ces bateaux, communément appelés les «Mauritaniens», sont connus et respectés. Ratissant jusqu’à l’épuisement les langoustes des fonds marins du sud-Maroc et de Mauritanie, ils ont d’abord ramené au port «la verte», pêchée à proximité des côtes, avant de découvrir «la rose» dans les profondeurs.

Pour des raisons de sécurité, Notre Dame de Rocamadour n’est plus visitable.

Caractéristiques du bateau

Armé pour la pêche à la langouste en haute mer, ce bateau a été construit en 1959 au chantier Péron à Camaret pour Pierre Zozo. Jaugeant près de 300 tonneaux, long de 30 mètres, il instaurait une nouvelle traque des langoustes vertes ou roses, avec une polyvalence chalut-casiers. Son équipage de dix ou onze hommes partait au large de la Mauritanie, deux à trois fois par an, pour des campagnes de trois à quatre mois. Les campagnes d’hiver, au casier, remplissaient les viviers. En été, les langoustes, qui supportent mal l’eau plus chaude, étaient pêchées au chalut et leurs queues étaient congelées.

Ses particularités

Notre-Dame de Rocamadour présente plusieurs particularités qui résument bien la portée industrielle de cette activité de pêche à Douarnenez :

– Sa dimension, ses équipements, son effectif, la spécialisation des tâches, l’insertion des campagnes de pêche dans des accords internationaux de coopération et, enfin, son coût de construction élevé – 100 millions de francs en 1959 ! – font que ce type de langoustiers est devenu la propriété d’armements capitalistes avec actionnaires, en attente d’une rentabilisation rapide. Il ne s’agit plus de propriétés familiales, comme dans la première moitié du 20è siècle.

– Il pêche la langouste, un produit rare et cher, à la chair protégée, aux saveurs recherchées, se distinguant ainsi des pêches plus quantitatives de poissons à bon marché. Ce n’est pas pour rien que les «Mauritaniens» sont surnommés, à Douarnenez, «les Seigneurs de la mer»…

– La gastronomie, qui réclame des crustacés frais, impose aux langoustiers un système de conservation original : les viviers. Les langoustes, capturées dans les casiers, sont conservées dans les viviers du bateau, puis dans ceux des ports, des criées, des transporteurs (SNCF) et, enfin, dans ceux des restaurants.

– c’est aussi un bateau-usine, équipé de congélateurs pouvant contenir jusqu’à 20 tonnes de queues congelées et conditionnées en carton. Il faut 3 tonnes de langoustes pour faire une tonne de queues.

A flot

À proximité du musée à quai, le musée à flot permet au visiteur de découvrir une partie des collections du Port-musée. Plusieurs bateaux sont ainsi visitables de la cale au pont. Ces navires sont les témoins authentiques et rares d’un passé. Pour être conservés, ils sont restaurés régulièrement par les charpentiers du Port-musée qui oeuvrent sous les yeux des visiteurs.

Ces navires sont également les témoins d’un contexte socio-économique particulier et permettent ainsi d’aborder différentes thématiques telles que : la vie du port, les ressources maritimes en matières premières, les transmissions radio maritimes, la pêche en mer, les voies maritimes ou encore le grand cabotage européen. Par exemple, le Port-Rhu accueillait au XIXe siècle les voiliers de Norvège semblables à Anna Rosa qui apportaient à Douarnenez la rogue servant aux pêches sardinières qui alimentaient les très nombreuses conserveries.

En savoir plus