Anna Rosa

Caboteur norvégien au coeur de l’exposition
Anna-Rosa est née en 1892 au fond du fjord norvégien de Hardanger au Chantier de Gausvik. Caboteur à voile par sa fonction la plus fréquente, mais parfaitement amarinée pour la haute mer elle est un peu avant l’heure l’équivalent de nos gabarres : 21 mètres de long, 5,90 de bau, 3 de tirant d’eau. Gréée en ketch (galéasse) c’est un oiseau plus fin que les gabarres. La jauge brute est relativement faible à longueur égale mais la voilure ébouriffante jusqu’à 320 m² ! Historiquement ces galéasses s’affairaient au commerce dans toute l’Europe, en concurrence avec des trois mâts plus importants. C’est ce type de navire qui livrait la rogue aux ports sardiniers bretons. Douarnenez a donc un lien tout particulier avec Anna Rosa.
Au début du XXe siècle, près de 2000 caboteurs norvégiens transportaient la morue séchée des îles Lofoten jusqu’à Bergen et commerçaient avec la Grande-Bretagne, l’Europe du nord principalement.
Avec le développement de la pêche à la sardine en Bretagne, les caboteurs norvégiens développent,dès le début du XVIIIe siècle, le commerce de la rogue, des oeufs de morue très appréciés comme appât par les pêcheurs de sardines. Ce commerce, particulièrement actif à Douarnenez, est à l’origine de liens étroits tissés entre Douarnenez et Bergen. Ne dit-on pas à Douarnenez d’une personne qu’on ne comprend pas qu’elle parle « bergois » ! Anna-Rosa nous parle de cette page de l’histoire de la ville, car c’est à bord de caboteurs similaires que furent transportées nombre de denrées : bois, fer, rogue, graines de lin… autant de produits importés du nord.