Matthieu Dorval

Matthieu Dorval land’s end
Né en 1966 à Brest

Sur la haute page tendue du ciel et de la mer, Matthieu Dorval explore les tonalités de bleu. La nature maritime d’Irlande, de Bretagne, de Galice, la nature atlantique de Matthieu Dorval est vierge de toute présence humaine. Une nature originelle où seule importe la toute puissance des éléments. Cette énergie primaire se traduit de retour à l’atelier en idées, en matières, en formes, en couleurs, en fluides.

Face à la feuille blanche, à la toile vierge, une autre confrontation débute, tout aussi intense, violente, qui le renvoie à ce même vertige ressenti, au-dehors, sur les falaises, à cette même fragilité de l’instant, de lui-même, face à la démesure, au drame qui se noue. « Ô Mer instance lumineuse et mer substance très glorieuse, nous t’acclamons enfin dans ton éclat de mer et ton essence propre », écrivait Saint-John Perse. Une lumière, une pureté, un éclat, une oraison. Toute l’œuvre de Matthieu Dorval est en marche vers la mer. Tendue vers. Elle brille de tout son sel. Matthieu Dorval est de ceux qui fréquentent l’altitude et qui fondent sur leur proie, le motif ; d’un geste large et fulgurant, il écrase son pinceau sur le papier humidifié. Le pigment dilué alors se déploie. Jusqu’à l’évidence du trait, son audace. Seules comptent la couleur, les éclaboussures, les gouttes, les taches, la matière.

Une écriture singulière en lien avec la nature
Les œuvres de Matthieu Dorval empruntent à la nature ses couleurs, ses lignes, extraient sa force, sa sève. Elles ne reflètent pas, ne figurent pas, elles décryptent, pénètrent la trame du paysage. Elles s’éloignent d’une représentation du réel, s’en détachent, cherchent à atteindre la nature en ce qu’elle est, sa substance, ses racines, ses tremblements géologiques, son temps séculaire. Matthieu Dorval développe les innovations plastiques de différents artistes abstraits tels Jean Degottex (1918-1988), Cy Twombly (1928) et néo expressionnistes, comme Georg Baselitz (1938), Per Kirkeby (1938) et Miquel Barceló (1957). Dans cette double lignée, Matthieu initie une écriture singulière en lien direct avec la nature. L’instantanéité de son geste, la vivacité des couleurs, l’harmonie de ses compositions expriment l’immuable force poétique des éléments